Dette Publique: aggravation record de 496,2 milliards d’euros pendant le quinquennat


- publié le 28 décembre 2011, mis à jour le 16 avril 2012 à 9h10 -

Selon la dernière publication de l’INSEE, la dette des administrations publiques (au sens de Maastricht) est repartie à la hausse au 4ème trimestre (T4) de 2011 pour atteindre 1717,3 milliards d’euros, soit 85,8% du PIB. Son amélioration au trimestre précédent a été de courte durée, portant son aggravation à 496,2 milliards d’euros en 4 ans et demi.

François Hollande communique sur son site en gonflant le chiffre de la dette à + 612 milliards en 5 ans (en se basant sur des prévisions pour 2012 dont les sources sont difficile à trouver). A l’inverse, sur le site du ministère du budget, le cumul de dettes depuis 2007 n’est pas présenté. On trouve notamment: "Quant au poids de la dette, il dépasse désormais 80 % du PIB. Cette situation n’est pas spécifiquement française : tous les pays de la zone euro y sont confrontés." Le ministère du budget indiquait en juin 2011 (dans un document devenu depuis inaccessible) une prévision de 85,4 % fin 2011 et 86,9 % fin 2012. En réalité, la dette dépasse 80% du PIB depuis janvier 2010 et depuis 2009 la France enfreint le pacte européen de stabilité et de croissance qui fixe un seuil maximal de dette à 60% du PIB.

La France n’a jamais connu une telle hausse et n’a jamais été aussi endettée. En moyenne depuis le début du quinquennat, cela représente plus de 300 millions d’euros par jour. A titre de repère, le contexte économique étant toutefois différent, la dette publique était de:

Dette au sens de Maastricht des administrations publiques en France en point de PIB depuis 1995 (Source: INSEE)

 

 

La France passe de la 10e à la 22e place de l’Union Européenne entre 1995 et le 3è trimestre 2011

Au niveau européen, comme l’affirme le ministère du budget, tous les pays sont bien "confrontés" à une aggravation de leur dette publique. Selon Eurostat, au 3ème trimestre 2011 la dette de l’Union Européenne (27 pays) atteignait en moyenne 82,2% du PIB (contre 85,2% en France). La France se classe 22ème sur 27 (elle était 18e fin 2006), faisant mieux que la Grèce (159,1%), l’Italie (119,6%), mais moins bien que l’Allemagne (81,8%), l’Espagne (61%) les Pays-Bas (62,9%), ou le Royaume-Uni (79,9%). Elle se classe 16ème en terme d’évolution sur un an (+ 3,2 points de PIB contre 3,7 en moyenne dans l’UE27) sachant que 7 pays ont réussi à diminuer leur endettement.

L'UE27 comprend la Belgique (BE), la Bulgarie (BG), la République tchèque (CZ), le Danemark (DK), l’Allemagne (DE), l’Estonie (EE), l’Irlande (IE), la Grèce (EL), l’Espagne (ES), la France (FR), l’Italie (IT), Chypre (CY), la Lettonie (LV), la Lituanie (LT), le Luxembourg (LU), la Hongrie (HU), Malte (MT), les Pays-Bas (NL), l’Autriche (AT), la Pologne (PL), le Portugal (PT), la Roumanie (RO), la Slovénie (SI), la Slovaquie (SK), la Finlande (FI), la Suède (SE) et le Royaume-Uni (UK). - Source: Eurostat

>> Pour plus de détails: la France s’en sort-elle mieux que les autres?

Il est donc inexacte de dire que la France "résiste mieux à la crise", contrairement à ce que martèle N. Sarkozy (en tout cas, sur le plan de la dette) ou ce qu’il a affirmé lors de son interview télévisée du 27/10/11. La France, 5ème puissance économique mondiale, est un peu en dessous de la moyenne européenne en terme de profondeur de la dette publique et légèrement au-dessus en terme d’évolution sur un an. La détérioration de nos finances publiques a d’ailleurs récemment conduit l’agence de notation Standard and Poor’s à lui retirer son “triple A” et Moody’s à la placer en perspective négative, même s’il est intéressant d’observer que l’évaluation de la dette par les agences de notation ne se base pas que sur les chiffres absolus mais aussi sur la confiance vis-à-vis des marchés. Contrairement à la France, 9 pays conservent la note maximale en Europe dans les 3 agences, dont les Pays-Bas, l’Allemagne, le Royaume Uni, et la Suède.

>> à lire: comparatif de l’évolution des taux d’intérêt d’emprunt de la France aux autres pays occidentaux

Environ 20% de l’aggravation des déficits n’est pas dû à la crise

Selon la Cour des Comptes (rapport de juin 2010, page 15), 22,5 à 30% de l’aggravation du déficit entre 2007 et 2009 n’est pas due à la crise mais un "effort structurel négatif". En juin 2011 (page 30), elle a revu ce chiffre à la baisse: entre 2007 et 2010, l’aggravation du déficit (3,4% du PIB) serait liée à 79,4% à la crise économique, mais aussi à hauteur de 20,6% à l’action du Gouvernement. Or, pour financer son déficit, l’État doit emprunter et donc s’endetter.

Dans son rapport de février 2010, elle conclue, par ailleurs, que la "hausse des déficits et de la dette [est] imputable à la crise mais aussi à des décisions d’effet durable. Le déficit a cependant été aggravé par une maîtrise insuffisante des dépenses publiques et par des mesures de réduction durable des prélèvements obligatoires. Les règles instaurées en ce domaine ont été insuffisantes, ou n’ont pas été respectées, et les données provisoires disponibles montrent que le déficit structurel a ainsi été accru."

A lire également:

 LES PROPOSITIONS des candidats pour réduire la dette publique:

>> infographie comparant les propositions chiffrées des candidats

>> Comparer les programmes:

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